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# Canicule : et si votre plus grand risque cet été n'était pas la chaleur… mais votre responsabilité ?
- URL: https://blog.explorerh.fr/canicule-et-si-votre-plus-grand-risque-cet-ete-netait-pas-la-chaleur-mais-votre-responsabilite/
- Published: 2026-07-18T09:57:39.000Z
- Updated: 2026-07-18T09:57:39.000Z
- Author: cécile Ferlandin

Chaque été, les températures battent de nouveaux records. Mais pour les employeurs, le véritable enjeu n’est plus seulement météorologique : il est juridique, humain et organisationnel.

Pendant longtemps, les épisodes de fortes chaleurs étaient perçus comme des événements exceptionnels. Aujourd’hui, ils deviennent la norme et concernent tous les secteurs d’activité.

On pense naturellement au couvreur qui travaille sur un toit à plus de 45 °C ou au maçon sur un chantier en plein soleil. Pourtant, les risques concernent tout autant le chauffeur de bus don’t le véhicule n’est pas climatisé, l’agent pénitentiaire dans un établissement sans clim, ou encore les salariés travaillant dans des bureaux mal ventilés.

Depuis le décret de juillet 2025, les obligations des employeurs ont été renforcées. Désormais, la canicule n’est plus seulement une question de bon sens : c’est un véritable risque professionnel que chaque entreprise doit anticiper.

# **La chaleur : un risque pour tous les métiers**

Contrairement aux idées reçues, la chaleur ne provoque pas uniquement des malaises. Selon l’INRS, elle entraîne également :

- une baisse de concentration ;
- une diminution de la vigilance ;
- une augmentation du temps de réaction ;
- davantage d’erreurs humaines ;
- une augmentation du risque d’accident du travail.

Autrement dit, un salarié n’a pas besoin de faire un malaise pour que la chaleur mette sa sécurité en danger.

Quelques exemples parlent d’eux-mêmes :

- un chauffeur de bus moins vigilant augmente le risque d’accident de circulation ;
- un cariste fatigué manipule moins précisément sa charge ;
- un couvreur perd plus facilement l’équilibre ;
- un cuisinier augmente le risque de brûlure ;

### 

### **Qu’est-ce qu’un épisode de chaleur intense ?** 

Le Code du travail définit l’épisode de chaleur intense par référence au dispositif de vigilance météorologique de Météo-France : 

| 🟢 Vigilance verte  | Aucun risque particulier. Maintenir les bonnes pratiques                                                    |
| ------------------- | ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- |
| 🟡 Vigilance jaune  | Vérifier les risques et commencer à adapter l'organisation                                                  |
| 🟠 Vigilance orange | Réorganiser le travail, augmenter les pauses, limiter les travaux physiques.                                |
| 🔴 Vigilance rouge  | Réévaluer la situation heure par heure et suspendre certaines activités si la sécurité n'est plus garantie. |

# **À partir de quelle température faut-il agir ?**

C’est probablement la question qui revient le plus souvent.

Cependant, le Code du travail ne fixe aucune température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler.

Pourquoi ? Parce que la température n’est qu’un des éléments à prendre en compte.

L’humidité, le vent, le rayonnement solaire, l’effort physique, les équipements de protection, l’âge ou encore l’état de santé du salarié influencent fortement le niveau de risque.

L’INRS recommande toutefois de mettre en place des mesures de prévention à partir de :

- 28 °C pour un travail physique ;
- 30 °C pour une activité sédentaire.

Ces valeurs sont des repères permettant d’agir avant que la situation ne devienne dangereuse.

# **Ce que les employeurs doivent mettre en place**

Depuis le 1er juillet 2025, les entreprises ne peuvent plus attendre qu’un salarié fasse un malaise pour agir. Elles doivent être en mesure de démontrer qu’elles ont anticipé le risque lié aux fortes chaleurs.

### Évaluer le risque 

L’employeur doit intégrer le risque « chaleur » dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) (ou dans le PAPRIPACT pour les entreprises concernées).

Concrètement, l’employeur doit identifier les situations à risque : salariés travaillant en extérieur, locaux mal ventilés, tâches physiques, travailleurs isolés, personnes vulnérables ou absence d’espaces de repos. 

Aussi, l’employeur doit régulièrement s’informer sur l’état de vigilance jaune, orange ou rouge, cette évaluation doit être réactualisée quotidiennement, car les conditions météorologiques peuvent évoluer rapidement. 

Une vigilance particulière doit être portée aux salariés les plus exposés : travailleurs isolés, personnes âgées, femmes enceintes, salariés atteints de maladies chroniques ou en situation de handicap, les salariés mineurs qui ne peuvent pas être affectés à des travaux les exposant à des températures extrêmes.

### Adapter l’organisation et l’environnement de travail

Le Code du travail impose de réduire l’exposition à la chaleur lorsque cela est nécessaire. Cela peut notamment consister à :

- aménager les horaires pour éviter les heures les plus chaudes ;
- décaler les travaux les plus physiques ;
- augmenter la fréquence des pauses ;
- organiser une rotation des équipes ;
- développer le télétravail lorsque cela est possible ;
- mettre à disposition de l’eau potable fraîche en quantité suffisante et la maintenir au frais ;
- créer des espaces ombragés ou des locaux de repos ;
- limiter l’accumulation de chaleur (stores, ventilation, rafraîchissement...) ;
- fournir des vêtements et équipements de protection adaptés aux fortes chaleurs (vêtements clairs, couvre-chef, EPI limitant l’inconfort thermique).
- interrompre temporairement certaines activités si la sécurité des salariés ne peut plus être garantie.

Dans le BTP, la réglementation va encore plus loin car les salariés cumulent souvent effort physique, exposition directe au soleil et port d’équipements de protection. L’employeur doit notamment mettre à disposition : 

- au moins 3 litres d’eau potable fraîche par salaire et par jour ;
- prévoir un local ou un espace de repos adapté,
- vérifier que les équipements de protection restent compatibles avec les fortes chaleurs
- adapter les horaires ou la charge de travail.

Lorsque ces mesures ne suffisent plus à garantir la sécurité des salariés, l’arrêt temporaire du chantier peut s’imposer.

### Informer les équipes

Enfin, la prévention passe par l’information. Les salariés et les managers doivent être sensibilisés aux risques liés aux fortes chaleurs, savoir reconnaître les signes d’un coup de chaleur et connaître les consignes à appliquer en cas de malaise. Nous ne pouvons que conseiller aux entreprises d’établir un plan d’urgence en cas de malaise. 

En cas d’accident, la question ne sera pas : « Faisait-il 38 °C ? » mais bien : « Quelles mesures l’employeur avait-il mises en place pour protéger ses salariés ? »

# **Le droit de retrait : pas automatique**

Les fortes chaleurs ne donnent pas automatiquement aux salariés le droit de quitter leur poste.

En revanche, lorsqu’un salarié estime être exposé à un danger grave et imminent pour sa santé, il peut exercer son droit de retrait.

Chaque situation s’apprécie au cas par cas, en tenant compte notamment :

- de la température ;
- de la nature du travail ;
- de l’état de santé du salarié ;
- des mesures mises en place par l’employeur.

Une entreprise ayant anticipé le risque limitera naturellement les situations conflictuelles.

# **Le véritable risque : la responsabilité de l’employeur** 

C’est souvent le point le moins connu.

En cas d’accident grave lié à la chaleur, la véritable question sera : « L’employeur avait-il pris toutes les mesures nécessaires pour protéger son salarié ? » : 

- Le DUERP était-il à jour ?
- Les horaires avaient-ils été adaptés ?
- Les salariés avaient-ils reçu une information ?
- L’eau était-elle disponible ?
- Les responsables avaient-ils été sensibilisés ?
- Le chantier aurait-il dû être interrompu ?

Si l’employeur connaissait ou aurait dû connaître le danger et n’a pas pris les mesures nécessaires, sa responsabilité peut être engagée, notamment par la reconnaissance d’une faute inexcusable. 

# Concrètement, cela signifie que l’entreprise peut devoir indemniser davantage le salarié ou sa famille, supporter une augmentation du coût de l’accident du travail et, dans les situations les plus graves, voir la responsabilité pénale du dirigeant engagée (blessures ou homicide involontaires).

# **Et si la canicule devenait aussi un sujet RSE ?**

Respecter la loi est une obligation. Aller plus loin peut devenir un véritable levier d’image et d’attractivité.

Quelques exemples d’actions concrètes :

### Améliorer le confort thermique de manière responsable

- régler la climatisation autour de 25 à 26 °C plutôt que 17 °C ;
- limiter les écarts de température entre intérieur et extérieur ;
- fermer les stores aux heures les plus chaudes ;
- Installer des films solaires sur les surfaces vitrées ;
- améliorer l’isolation des locaux ;
- éteindre les appareils inutilisés.
- Végétaliser les bureaux avec des plantes vertes adaptées ;
- Végétaliser les espaces extérieurs quand cela est possible ;
- Planter des arbres sur les parkings ;
- favoriser la ventilation naturelle lorsque cela est possible.

### Adapter les déplacements

- développer le télétravail lors des pics de chaleur ;
- encourager le covoiturage ;
- limiter les déplacements non indispensables ;
- Aménager les horaires pour éviter les heures les plus chaudes.
- Prévoir des transports collectifs

### Prendre soin de ses collaborateurs

- renforcer le suivi des salariés fragiles ;
- mettre à disposition des espaces rafraîchis ;
- permettre davantage de souplesse dans l’organisation du travail.
- Permettre aux collaborateurs de récupérer leurs enfants en cas de fermeture d’école
- Rendre disponible les pompiers volontaires quand cela est nécessaire.
- Adapter temporairement les objectifs

Soutenir la transition écologique

- Soutenir des associations ou des projets de lutte contre le changement climatique
- Réduire les consommations inutiles : (0 papier, gourdes, traitement des déchets, etc.)
- Choisir des fournisseurs engagés
- Mesurer vos consommations d’énergie
- Encourager les collaborateurs à s’investir dans des initiatives environnementales (via Alaya par exemple)
- Créer des ateliers de sensibilisation (Bioviva et leur plateau métamorph’Ose) Au-delà du respect de la réglementation, la manière don’t une entreprise protège ses collaborateurs face aux fortes chaleurs est aussi un révélateur de sa culture managériale.

Anticiper ces situations, c’est limiter les risques, rassurer les équipes et démontrer que la santé au travail est une priorité.